Wattignies
est un village situé dans le département
du Nord, à 9 kilomètres de Maubeuge.
Déjà célèbre à
cause de ses capacités militaires, Carnot,
membre de la Convention, membre du Comité
de salut public, se rendit à l’armée
du Nord lors du siège du Maubeuge par
Cobourg, qui bloquait en outre un corps de 20.000
hommes enfermé dans un camp retranché
sous les murs de cette ville.
Jourdan, général en chef, se trouvait
dans une situation critique, au moment où
Carnot arriva dans son camp, comme représentant
du peuple aux armées, avec mission de
diriger les opérations militaires en
personne.
Cobourg, à la tête de 120.000 Autrichiens,
avait tant de confiance dans ses troupes et
dans sa position, qu’il disait : «
Si les Français me chassent d’ici,
je me fais républicain. – «
Allons, criaient nos soldats, allons sommer
le citoyen Cobourg de tenir parole ! »
Ce fut sur les conseils de Carnot que Jourdan
livra la bataille de Wattignies, les 15-16 octobre
1793.
Grâce
aux habiles manœuvres et au courage de
Carnot, grâce à l’entrain
des Français qui s’élancèrent
sur le village en chantant, déguenillés,
pieds nus, ayant des pains au bout de leurs
baïonnettes, la victoire nous resta.
Un épais brouillard nous avait aidés
à approcher de très près
sans être vus par l’ennemi. Le 15,
nous avions éprouvé un échec
; le 16, après trois assauts dirigés
par Carnot et Jourdan, Wattignies fut emporté.
On poursuivit les Autrichiens jusque sur des
bruyères qui dominaient le village.
Là, Cobourg envoya de la cavalerie qui
rompit la plus avancée de nos brigades.
Le général de cette brigade ordonna
la retraite. Mais Carnot survint, rallia nos
troupes, destitua le général de
la brigade rompue, descendit de cheval, ramassa
un fusil, et se plaça à la tête
de la brigade, tandis que Duquesnoy, autre représentant
du peuple, et Jourdan s’avançaient
avec la seconde colonne.
Carnot et Duquesnoy se rejoignirent sur les
bruyères, et ils s’embrassèrent
devant les Français victorieux, qui criaient
: « Vive la République ! ».
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