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Chemins de mémoire consacre une page à Louise de Bettignies la photo qui illustre l'article est extraite de Statues et Monuments


 

 
 
Statues et Monuments de la Région Nord Pas-de-Calais

Louise de Bettignies

Ville de LILLE

 
Ce monument en l’honneur de Louise de Bettignies, à l’entrée du boulevard Carnot, est l’œuvre de Maxime Réal Del Sarte.
Mme d'Argœuves en donne la description suivante :
« Louise debout contre une stèle, son fin visage levé vers le ciel des Flandres ; elle tend les mains au soldat français qui les baise, exprimant ainsi sa reconnaissance à celle qui, au milieu de ses ennemis, le protégea de loin dans sa guerre tragique ».
Nous devons cette œuvre à une souscription nationale à l’initiative de la maréchale Foch et la générale Weygand.
Elle fut inaugurée le 13 novembre 1927, par le maréchal Foch accompagné des généraux Weygand, Gouraud et Lacapelle ainsi que du ministre Louis Marin et le maire de Lille, Roger Salengro.
 
 
 

inscription sur le monument :

"A Louise de Bettignies, et aux femmes héroïques des pays envahis".

Le bas-relief ci-dessus représente Miss Cavell, une infirmière anglaise que les Allemands fusillèrent à l’âge de 50 ans pendant la première Guerre Mondiale, celle-ci ayant été accusée d’espionnage.
             
   
quelques mots sur Louise de Bettignies
   
Née le 15 juillet 1880 à Saint-Amand-les-Eaux, sachant parler plusieurs langues, elle obtint des emplois d’importance dans des familles titrées d’Europe.
Même une place de gouvernante, lui a été proposée par l’Archiduc François-Ferdinand, qu’elle refusa ne voulant pas perdre sa nationalité Française.
Les services de renseignements prennent contact avec elle et s’engage dans l’Intelligence Service.
Elle fonde, sous le pseudonyme d’Alice Dubois, un véritable réseau sur la région lilloise avec une autre jeune femme : Léonie Vanhoutte, alias Charlotte.
Elles fournissent tous les déplacements de l’armée allemande, ainsi que la situation de leurs dépôts de munitions.
Son amie Léonie Vanhoutte sera arrêtée le 15 septembre 1915, quant à Louise, alias Alice, elle le sera le 20 octobre 1915 à Froyennes (probablement trahie et « donnée » aux allemands) et transférée le 24 à la prison Saint Gilles de Bruxelles.
Elle comparait devant un conseil de guerre à Bruxelles le 16 mars 1916, qui la condamne à mort. Mais graciée par le Général Von Bissing le 21 mars, commua la peine en travaux forcés à perpétuité. Elle sera internée le 24 avril 1916, dans la prison pour femmes de la forteresse de Siegburg prés de Cologne, ainsi que Léonie Vanhoutte, condamnée elle à 15 années.
Elle contracte une pneumonie, opérée à l’infirmerie de la prison, elle sera transférée à l’hôpital de Cologne pour y décéder le 27 septembre 1918. Elle sera enterrée au cimetière de Bocklemünd à Westfriedhof.
Louise de Bettignies est titulaire de la Croix de Guerre avec palme, Chevalier de la Légion d’Honneur par un décret du 7 octobre 1918, qui sera publié au journal officiel le 22 juin 1919.
Elle est également titulaire de la Croix de Guerre anglaise et nommée par le roi Georges V, Officier de l’Empire Britannique en 1919.
photo ci-contre extraite du livre Louise de Bettignies, par Hélène d'Argœuves Librairie Plon 1937
 
Le 20 février 1920, des funérailles à Cologne avec les honneurs militaires des armées françaises et anglaises et sa dépouille ramenée en France.
Également des funérailles solennelles furent célébrées le 4 mars 1920, en l’église Saint Maurice de Lille. Elle est inhumée à Saint-Amand-les-Eaux dans le caveau de famille.
La croix de bois qui était sur la tombe de Louise de Bettignies, en Allemagne de 1918 à 1920 est désormais exposée en la Basilique Notre-Dame de Lorette, depuis 1994 et ce sur l’initiative de M. Bertin de Bettignies.
caveau familial à St Amand les Eaux
 
Mgr Charost lui donna le surnom de « Jeanne d’Arc du Nord ».
   
photo ci-dessous extraite du livre Louise de Bettignies, par Hélène d'Argœuves Librairie Plon 1937
 
Extrait de l’ordre 2774 D
Le général Commandant en Chef cite à l’ordre de l’Armée , les militaires dont les noms suivent


"Mademoiselle Louise de BETTIGNIES
s’est volontairement dévouée pendant plusieurs mois , animée uniquement par le sentiment patriotique le plus élevé, pour rendre à son pays un service des plus importants pour la Défense Nationale. A affronté avec un courage inflexible, toutes les difficultés périlleuses de sa tache patriotique . A surmonté pendant longtemps ces difficultés, grâce à ses capacités et à son dévouement, risquant sa vie en plusieurs occasions , assumant les plus graves responsabilités, déployant en un mot un héroïsme qui a été rarement surpassé"
   
 
       
             
Au Grand Quartier Général, le 20 avril 1916
Le Général Commandant en Chef
J.Joffre

photo provenant du web  (site ebay)
Un film réalisé en 1937, par Léon Poirier intitulé « Sœurs d’armes » consultable au CNC-AFF Bois d'Arcy et à la BnF (sous conditions) qui évoque la vie de Louise de Bettignies et Léonie Vanhoutte.
photo ci-dessus extraite du livre Louise de Bettignies, par Hélène d'Argœuves Librairie Plon 1937
 
 
Et un écrivain allemand écrira :
« Quand de tels actes ne sont inspirés que par un fanatique amour de la Patrie, qu’importe si c’est dans notre camp ou dans le camp ennemi, il convient de s’incliner très bas devant ces nobles victimes dont une parfaite pureté d’intention a grandi le sacrifice ».
 

 

 
   
Je remercie, ici M. Bertin de Bettignies pour les précieuses informations qu’il a bien voulu me transmettre, afin de rectifier mes quelques erreurs et omissions. J'ai depuis fait l'acquisition de deux ouvrages consacrés à L. de Bettignies qui sont : «Louise.de Bettignies » par Hélène d’Argœuves – Plon 1937 et « La Guerre des Femmes » par Antoine Redier - la Revue Française 1926.
                                       
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